Lannemezan vient d’être choisi pour être centre de compétence pour la maladie de Lyme. Quelques explications sur cette pathologie et plus globalement les maladies vectorielles à tiques.

Commençons par dénoncer les idées reçues : non, la maladie de Lyme n’est pas une maladie psychosomatique, une invention des patients en peine de trouver un nom à leur mal-être. Il s’agit bien d’une maladie clairement définie et en augmentation de façon officielle selon les chiffres de Santé publique France en 2018. Certaines autres maladies peuvent s’y associer et l’on parle alors de maladies vectorielles à tiques.

Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce que la maladie a été décrite en 1977 à Lyme et Old Lyme, petites villes dans le nord est des États-Unis, précisément dans le Connecticut. Mais elle n’est pas identifiée uniquement sur le continent américain. En effet, dès 1883, le docteur Buchwald, médecin allemand, décrit pour la première fois l’acrodermatite, spécifique de cette maladie. En 1909, le docteur Arvid Afzelius publie le premier cas d’érythème migrant, qui est la tache spécifique inaugurale de la maladie, provoquée par une piqûre de tique : il supposa la nature infectieuse de celle-ci.

Si on en parle actuellement autant, c’est parce qu’il pourrait s’agir d’une des plus grandes pandémies mondiales, c’est-à-dire une épidémie qui touche tous les continents. C’est une bactérie, la borrelia, qui est responsable de cette pathologie. Mais la tique nous fait souvent plusieurs surprises. Outre Borrelia burgdorferi sensu lato, elle est capable de transmettre une trentaine d’agents pathogènes infectieux, bactéries, mais aussi parasites ou virus.

En France, le nombre de malades ne cesse d’augmenter. Et pourtant, ils sont sans doute mal et sous-diagnostiqués. En effet, la borrelia a une capacité à échapper à nos moyens de défense naturelle. Elle peut aussi passer incognito les tests de dépistage. Deux tests sont utilisés pour le diagnostic. Ils détectent nos anticorps. Elisa est un test de dépistage, le Western Blot est le test de confirmation pour limiter les faux positifs. Aucun des deux n’est fiable à 100 % : on peut être négatif et malade mais aussi positif et sans maladie active.

Par contre, la réaction cutanée associée à la transmission de cette maladie est caractéristique. Si autour d’une piqûre de tique, vous avez un érythème migrant circulaire, c’est-à-dire un cercle qui va s’élargir, il faut traiter impérativement sans faire de test. L’antibiothérapie est généralement de trois semaines. Elle peut être suffisante, ou pas. Il faut parfois plusieurs antibiotiques pour venir à bout de l’infection qui peut durer pendant de longs mois chez certains patients, provoquant fatigue, courbatures, des douleurs articulaires, musculaires, voire des problèmes neurologiques. Plusieurs organes peuvent être touchés comme le cerveau, le cœur, les yeux et il y a des formes très invalidantes qui impactent la vie du quotidien. L’hygiène de vie, y compris sur l’aspect alimentaire et l’activité physique, peut être bénéfique sur la maladie de Lyme.

Il reste encore beaucoup à découvrir sur cette pathologie mais nous avons la chance, à Lannemezan, d’avoir des spécialistes reconnus qui travaillent sur ce sujet au niveau national, en collaboration avec les associations locales et nationales.

Les associations Lyme dans les Hautes-Pyrénées : Le Relais de Lyme : lerelaisdelyme.fr/ et Autan Tique Lyme, tél. 06.16.22.77.63.